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08 février 2008

La Fédération Française de Tennis veut interdire les paris sportifs en ligne sur le prochain tournoi de Roland Garros

ea4ae67cd0d7d757e0eb04e90df5a721.jpg Les amateurs de paris sportifs en ligne pourraient ne pas pouvoir miser d'argent sur leurs favoris lors des prochains Internationaux de France. En effet, la Fédération française de tennis (FFT) a décidé d'engager des actions en justice à l'encontre de plusieurs sociétés spécialisées en vue de leur interdire de proposer des paris sur les rencontres de Roland-Garros. S'ils gagnent en justice, les organisateurs porteront un coup sérieux aux sociétés de paris en ligne qui prospèrent pendant les épreuves majeurs du calendrier sportif comme les tournois du Grand Chelem.

A ces fins, la FFT a engagé deux procédures judiciaires, l'une à Paris, l'autre en Belgique. "L'objectif de deux procédures est d'interdire l'organisation de paris par ces sites sur Roland-Garros", a indiqué le directeur général de la FFT, Jean-François Villotte, organisateur de Roland Garros, espérant qu'une telle décision s'applique au tournoi dès cette année vu "l'urgence de la question".

La FFT a assigné en justice "un certain nombre" de sites de paris en ligne devant le Tribunal de grande instance de Paris pour leur interdire d'utiliser la marque "Roland-Garros". Elle leur réclame, en outre, 1 million d'euros pour actes de parasitisme et actes de contrefaçon.

Par ailleurs, la FFT a attaqué en référé trois autres sites (Betfair, Bwin et Ladbrooks) devant les tribunaux belges. "Nous sommes convaincus que les tribunaux européens sont compétents en la matière, argumente le directeur général de la FFT, Jean-François Villotte, organisateur de Roland Garros. Nous souhaitons qu'ils statuent avant le début de Roland-Garros, en mai 2008."

Sur le plan juridique, la FFT se base sur trois fondements :
1) Que les sites de paris utilisent la marque du tournoi.
2) Qu'ils pratiquent du parasitisme en proposant une activité commerciale qui se greffe sur le dos des événements.
3) Et qu'en droit français, le code du sport prévoit que l'exploitation d'une manifestation sportive est du ressort exclusif de l'organisateur.

"Les organisateurs de paris sportifs sur Internet méconnaissent les droits des organisateurs des événements, ils procèdent à une organisation de paris en parasitant sur le plan commercial et contreviennent au droit des marques. Ces sites font du parasitisme commercial" a indiqué a indiqué Jean-François Villotte. "Il s'agit, selon M. Vilotte, de marquer un coup d'arrêt à ce développement non encadré, sans garantie de transparence et qui a lieu dans des conditions économiques qui consistent à greffer une activité commerciale sur le dos d'un organisateur qui supporte le coût de l'organisation et qui risque une atteinte à l'image de ses événements."

Pour le directeur général de la FFT, la lutte contre les paris sportfs en ligne est un enjeu d'importance cruciale. Selon Jean-François Villotte : "Il y a urgence à agir parce qu'il y a un risque d'atteinte à l'éthique sportive, c'est un sujet aussi important que la lutte contre le dopage. Il y a là des niches à corruption, par exemple, quand on parie sur la durée d'un set, ou le nombre de jeux disputés, sans le moindre intérêt sportif."

La FFT base son initiative sur les observations qu'elle a menées lors du tournoi de Paris-Bercy en octobre dernier, où elle avait mis en place un système de surveillance des paris en ligne suite aux risques de matchs truqués. La question de l'intégrité du tennis a fait surface au mois d'août, quand une société de paris en ligne a supprimé les mises sur un match en Pologne opposant Nikolay Davydenko au 87e joueur mondial Martin Vassallo Arguello. Davydenko avait abandonné dans le troisième set, selon lui à cause d'une blessure au pied.

Pour justifier son action, le directeur général de la FFT a fourni des informations intéressantes sur le volume des paris
en ligne atteint lors du tournoi de Paris-Bercy : "Sur ce tournoi, il a été enregistré entre 500 millions d'euros et un milliard d'euros de paris sur un peu plus de 140 sites". Betfair, à lui seul, a comptabilisé, selon la FFT, plus de 200 millions d'euros de paris. "On peut imaginer que pour Roland-Garros le montant serait très supérieur compte-tenu de la notoriété du tournoi", a ajouté M. Villotte.

Les sites de paris en ligne sont bien entendu d'un autre avis. "Viser la seule société de paris qui est complètement transparente et, quand c'est nécessaire, partage toutes ses informations avec l'ITF et l'ATP, serait complètement bizarre", a commenté le directeur de Betfair, Mark Davies.
"Nous offrons un service. Pour expliquer ce qui se passe, nous devons utiliser le nom de Roland-Garros", a déclaré le porte-parole de Bwin, Antoine Costanzo. "Nous ne causons pas de problème. Nous les avertissons qu'il y a un problème. Nous aidons les organisateurs à trouver les coupables."

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